Ofra Haza

Ses Mots

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1999, Bulgarie, avec Anelia
Anelia, de la maison de production KakAfonia (shows TV et radio, à Sofia en Bulgarie), est la personne incontournable du show biz en son pays. Elle est allée à la rencontre d'Ofra Haza en 1999, sur sa terre natale, et voici l'interview:
Comment se fait-il que dans une famille de huit enfants...
Neuf. Neuf enfants.
O, neuf ? Bien. Donc, comment se fait-il que dans une famille de neuf enfants, une telle star puisse naître ?
En tant qu'enfant, je n'imaginais même pas que je puisse être une star plus tard. Cela ne dépend pas du nombre d'enfants qu'il peut y avoir dans une famille, mais du talent que Dieu nous a donné. Cest pourquoi je continue de dire très souvent : " Merci Mon Seigneur d'être aussi généreux avec moi ".
Vous n'aviez que 12 ans lors de vos premiers pas dans la musique
Oui, cest vrai, je n'avais que 12 ans à l'époque. Je suis née dans un quartier pauvre aux confins de Jérusalem, et en tant qu'enfants, nous avions pas mal de problèmes à régler. Puis, Bezalel Aloni, qui est maintenant mon manager, eut un geste merveilleux, celui d'ouvrir un théâtre amateur, et j'y ai participé pendant 7 ans. Cest là que j'ai chanté mes premières chansons et rencontré mon audience.

Comment vous sentiez-vous quand " Im nin'alu " vous apporta une reconnaissance mondiale et bien réelle en tant qu'artiste ?
J'étais aussi surprise que vous. Je me sentais heureuse, et j'étais heureuse pour mon pays, mon peuple mais je n'avais jamais espéré une reconnaissance mondiale. Depuis le début, je crois en mes chansons, car elles ont un destin peu ordinaire, étrange. Ces textes ont été écrits au XVIIe par le plus grand poète israëlien de son temps, Shalom Shabazi. Cette chanson a été transmise de génération en génération. De plus, ici les personnes trouvent quelque chose de différent par rapport au rock ou au pop.
Avoir reçu tant de récompenses, à quoi rêvez-vous maintenant ?
Vous savez, je fais de beaux rêves très colorés la nuit. J'espère pouvoir continuer mon travail, car c'est par lui que je peux m'exprimer. Cest un cadeau, un don, alors je prie pour garder la santé et continuer à écrire des chansons, comme je l'ai fait jusquà présent. Des chansons d'amour et de joie qui m'aideront à apporter aux gens ma dévotion et mon énergie.
Dites-nous en plus à propos du " Prince d'Egypte " et de votre travail avec Hans Zimmer, et comment vous avez pu chanter " Délivre-nous " en 17 langues
Avant tout, le " Prince d'Egypte " n'est pas ma première B.O.F. J'avais déjà enregistré pour " La Reine Margot " avec Isabelle Adjani. Quant à Hans Zimmer, c'était son idée que de m'avoir. Ce n'était pas un pari facile, mais il s'en est sorti. J'ai reçu une K7 démo, et j'ai décidé que je pourrai le faire. L'enregistrement original s'est fait à Los Angeles, à Hollywood. La proposition d'enregistrer cette chanson dans tant de langues différentes est arrivée sur le tas. Je n'étais pas sûre, mais j'aime les défis, alors j'ai quand même tenté cette aventure. J'ai reçu un enregistrement de la chanson dans les 17 langues, et j'ai fait une transcription phonétique de chaque mot. Cela a été une grande surprise, même pour moi, de constater que tout s'est fait avec aisance et facilité, et surtout, à quelle rapidité nous avions complété cette difficile aventure.
Et à propos de vos premiers pas dans le cinéma ?
Mes premiers pas ont été dans le cinéma israëlien, dans deux films que l'on peut qualifier comme étant exactement traditionnels pour l'esthétique israëlienne et l'art du cinéma. Puis j'ai commencé à écrire des musiques de films, et parmi mes premiers directeurs se trouvait Zalman King, qui m'invita pour " l'Orchidée Sauvage ". Une partie de l'enregistrement a eu lieu à Hollywood, et le reste, directement au Brésil, où j'ai pris un grand plaisir à improviser directement devant le micro. Puis est arrivé Goran Bregovich
Goran Bregovich dit que, pour ses films, il ne choisit que les meilleurs artistes. Comment vous sentiez-vous en travaillant ensemble ?
Je me suis chargée de la musique, et Bezalel, des textes en hébreu. Goran est arrivé lors d'un très beau jour, celui de l'Indépendance d'Israël, et nous étions heureux. Nous avons enregistré la chanson d'une traite, avec peu d'accompagnements. Puis Goran emmena la K7 en Europe et là ils mixèrent la chanson, et y incorporèrent des enregistrements additionnels. Ils nous ont dit que ma voix était une inspiration à elle seule.
A votre avis, quelle différence existe-t-il entre les B.O.F et les autres styles musicaux ?
Et bien, habituellement, la B.O.F est faite en fonction du film, de son histoire, de son style. Cest exactement ce qui s'est passé avec " Le Prince d'Egypte ". Et quand je fais un clip vidéo de mes propres chansons, c'est le contraire, la chanson existe, et le clip est fait en fonction d'elle, de son style et des émotions. Dans les deux cas, il est très important de comprendre l'humeur de la chanson, ou du film.
Ma prochaine question est à propos du secret sur un nouveau projet : " Babylon "
Oh, pour moi ce nest pas nouveau. L'idée est venue il y a environ 4 ans. Puis Bezalel m'a proposé de rejoindre une équipe de tournage. Tout ce que nous avions à ce moment-là était une démo de la chanson, qu'il nous fallait reformer, modifier, trouver les textes adéquates et la compléter. Elle raconte une histoire de la Bible que j'apprécie tout particulièrement , celle de gens voulant se rendre l'égal de Dieu. Dans ce désir, ils construisent une tour jusqu'au Paradis (note du webmaster: La Tour de Babel), mais Dieu décide de mélanger leur langage et ainsi, ils ne peuvent plus se comprendre entre eux. Ce projet a amené tant de nouvelles idées, tant de pensées.. C'est vraiment motivant.
Nous sommes ici depuis plusieurs jours maintenant, et dans pratiquement tous les clubs, nous rencontrons des transsexuels. En tant que belle femme, que pensez-vous d'une telle expansion de cette "mania" ?
Nous sommes tous des êtres humains, nous sommes tous pareils Est-ce réellement important s'ils préfèrent être homme ou femme ? Je garde le même respect envers chaque personne que je rencontre, et je les traite de la façon que je désire être traitée. En ces temps, les gens profitent dune grande liberté. Aux portes du XXIe siècle, les gens trouvent plus facile de combattre la peur et le préjudice qu'auparavant. J'écris ma musique pour tout le monde, et je respecte tout le monde, et ceux qui l'apprécient.
Quels sont vos projets en cours, et ceux à venir ?
Je travaille actuellement sur mon nouvel album, mais il n'en est qu'au tout début. Ensemble avec Bezalel, nous l'enregistrerons ici en Israël, mais pour l'heure nous n'avons pas encore choisi de producteur. Nous travaillons actuellement sur plusieurs chansons, et nous préparons les démos. J'espère pouvoir le finir l'année prochaine, mais il est encore trop tôt pour fixer une date. La seule chose dont nous soyons sûr, c'est qu'on le veut parfait.
NOTE DU WEBMASTER : ne cherchez pas cet album, il n'est jamais sorti puisque Ofra nous a quitté avant qu'il ne soit achevé... Traduction libre: webmaster
Le texte original (anglais) était sur le lien suivant, la page d'Anelia, ce site n'est plus en ligne ou a déménagé.
http://kakafonia.hypermart.net/news/ofra.htm
 
2000 (1976), USA, avec Tina Plottel
Ceci n'est pas une interview... mais c'est tellement puissant!
Tina vous parle de sa rencontre avec Ofra, au travers des yeux d'une petite fille de 4 ans, et évoque le souvenir de la 1ère tournée à l'étranger d'Ofra en 1976! Quoi de plus rare? C'est parti...

TINA PLOTTEL - MARS 2000
"La première rock star que j'aie jamais rencontrée était belle et exotique, parlait bien cinq langues, et avait une voix de soie. Elle me dit "à mes souhaits" en hébreu quand j'avais éternué, ce qui était bien plus innovant que l'habituel " à tes souhaits ". Elle était la plus grande de toutes, et je voulais être comme elle.
J'avais 4 ans
Voilà mon hommage à Ofra Haza, qui nous a quittée le mois dernier.
Elle était la première rock star que j'aie jamais rencontrée, car, accompagnée de deux autres membres de sa troupe, ils se sont retrouvés chez moi un soir, lors de leur tournée Nord Américaine, en 1976.
Quelle allure de punk rock pour cette ribambelle d'israëliens et de juifs américains : tout juste un sac à dos, et des nuits "chez l'habitant". Ma maman s'est portée volontaire pour leur faire visiter la ville, et, dans un bus, nous visitons les différents lieux de Philadelphie. La ville toute entière est en ébullition pour son bicentenaire.
Lors de leur spectacle, Ofra a son moment unique, son passage solo, où elle interprète la très célèbre " Jérusalem dOr " Il s'en dégage tant de qualité telle une chanteuse confirmée, ses camarades restent silencieux, Ofra chante avec une telle précision. Elle a même réussi à faire pleurer la foule, depuis, je voulais savoir comment elle pouvait arriver à un tel résultat.
Peu de temps après, Ofra devient LA star de son pays, et plus tard encore, sur la scène internationale, notamment avec son samplé qui apparaît dans " Pump up the volume " du groupe M/A/R/R/S.
J'étais toute excitée à chaque fois que j'entendais cette chanson à la radio, car je pouvais dire à tous que je connaissais cette femme. Si mes amis connaissent Ofra, ce nest pas tant pour sa carrière musicale, mais avant tout parce qu'elle a dormi sur le canapé dans le salon de mes parents (heu, c'était peut-être sur la moquette ou sur un lit supplémentaire, je ne m'en souviens plus trop, mais bon, j'avais 4 ans ! ! !). Les moments les plus intéressants de cette soirée avaient eu lieu une fois que je devais me coucher...
Tous mes amis savent toute l'histoire de sa première tournée ici en 1976, son premier voyage hors d'Israël, sa timidité. Mais quand elle chantait, il était évident qu'Ofra Haza nétait pas de ce monde"
La version originale (anglais), était disponible au lien suivant:
www.washingtoncitypaper.com/archives/indc.rockstar/2000/rock0310.html
Cette adresse n'est plus en ligne, mais cependant, je souhaite la laisser. Traduction libre: le webmaster.
 
1988, Stockholm, avec Jacob Dahlin
Ofra était à Stockholm en 1988 pour faire une apparence dans l'émission "L'echelle de Jacob" (un programme TV Suédois qui passait dans toute la Scandinavie et l'Union Soviétique). Elle est arrivée en Première Classe, était réservée dans l'un des meilleurs hôtels (The Swedish Grand Hotel) et avait à sa disposition une limousine 24/24. D'habitude, quand les artistes sont invités pour cette émission, ils effectuent le "Stockholm by Night" et vont au Hard Rock Café ou autres lieux similaires afin de chanter quelques chansons. Ofra était dans sa chambre d'hôtel, et avait allumé des bougies. C'était Shabbat.
Un interview par Jacob Dahlin:

"Bienvenue à mon echelle, Ofra Haza. C'est un grand plaisir que de vous avoir ici. J'ai été très surpris lorsque j'ai entendu "Im Nin'alu", car je vous connais du temps de la B.O.F Schlager. Tout devient si étrange, que s'est-il passé?"
"Rien, enfin je veux dire, c'est moi. Peut-être depuis le concours de l'Eurovision"

"En effet, et vos albums en Israël d'un genre plus léger, dirais-je."
"J'ai représenté Israël pour l'Eurovision en 1983 avec "Chai" (alive) et cela était important pour moi d'aller en Allemagne et de chanter que nous "sommes toujours en vie". En 1984, lorsque j'étais en Israël, j'ai enregistré mon album Yéménite, en premier pour mes parents, pour leur en faire cadeau, pour leur plaire, pour faire vivre la culture et en garder les chansons. L'album fut un succès en Israël et ensuite en Angleterre, puis dans le monde."

"Être une jeune femme yéménite vivant en Israël, quelle signification cela a pour vous?"
"Je suis née en Israël et mes parents sont arrivés du Yémen, en emportant avec eux leur belle culture, leurs belles chansons. Et depuis ma plus tendre enfance j'ai l'habitude d'entendre ma mère chantnt tout le temps, ces chansons yéméno-judaïques. D'ailleurs, elle était une chanteuse au Yémen lors de mariages traditionnels et fêtes. Mais une fois en Israël, elle était occupée à élever ses 9 enfants, et c'est pour nous qu'elle chantait.. Ces chansons yéméno-judaïques sont mes racines, mon coeur et mon âme."
"Et les chansons ont une importance capitale pour les hébreus du Yémen."
"Oui, bien sûr. "Im Nin'alu" fut écrite par le poète le plus fabuleux Rabbi Shalom Shabazy. Une chanson religieuse à propos de notre foi en D--u."
(...)

"Et les yéménites n'étaient pas autorisés à jouer des instruments?"
"Vous savez, ils étaient juifs dans un pays islamique, le Yémen et n'avaient pas le droit aux instruments. Ils accompagnaient leurs chants avec leurs mains. Puis quant le pétrole fut découvert, ils se sont servis des bidons carrés argentés, les mettant sur l'épaule, et à jouer avec leurs doigts. Le rhytme est très important dans les chansons yéménites."
"Pourquoi pratiquement toutes les chansons sont des chansons d'amour?"
"Non, pas toutes! "Im Nin'alu" n'en est pas une. C'est une chanson religieuse."
"Mais ce sont donc des chansons d'amour ou des chansons religieuses?"
"En effet, Galbi l'est, entre autre."
"Je sais qu'en Israël vous avez tourné dans des films. Avez-vous déjà tourné dans une comédie?"
"Schlager est une comédie, à propos de John Travolta et de tous ces danseurs (ndlr: "Grease"). Mon autre film par contre n'est pas une comédie, à propos de cette jeune fille aveugle."
(...)

"Ofra, je me permets de dire que vous êtes une Méga Star en Israël de nos jours. Vous voyez-vous en ambassadrice de votre pays?"
"Tout à fait, les gens entendent souvent parler d'Israël à la TV, la radio, mais par forcément du bon côté. Hors, je veux qu'ils sachent qu'Israël est un beau pays et je les incite à venir le visiter. Et nous souhaitons tellement la paix."
"Et on vous écoute partout au Moyen Orient!"
"Oui!, Oui!, je reçois des lettres d'Egypte, de Tunis, du Maroc, du Koweit, de tous les pays arabes voisins, ils apprécient beaucoup ma musique."
"Que pourrait leur signifier votre musique, un rassemblement? Mais pas seulement la musique, ils entendent une chanteuse israëlienne."
"La plupart des pays voisins me croient du Yémen et non d'Israël, et pourtant, je suis bien d'Israël. Et pourtant, ils aiment ma musique. C'est un pas de franchi, pour moi."
"Comment ont réagi vos fans de la première heure quand ils ont entendu qu'on vous appelait la "Yéménite Dancing Queen". Et de transformer des chansons médiévales en pop. Qu'en ont-ils vraiment pensés?"
"Ils sont très fiers. Très, très très fiers car ils comprennent comme moi, qu'avoir fait une version pop de "Im Nin'alu" (...) permet d'amener cette musique aux plus jeunes qui ne l'auraient peut-être pas tous comprise et aimée sur un album traditionnel. Et c'est pourtant cette musique qu'ils vont aimer au travers de leurs pas de danse en discothèque. Et pour moi, c'est le plus important."
"Merci" (...)