Ofra Haza

Sa Diversité

Plus Ofra avance dans sa musique, plus elle touche à tous les genres. Outre ses collaborations avec le rock indépendant (Iggy Pop, The Black Dog), ses collaborations avec les grands compositeurs classiques (The Governess), elle sait marier les styles, et innover.


On peut donc citer aisément: chants traditionnels, fusion, pop, dance, aramaïque, hébraïque, arabe, anglais, français, contines, allemand, industriel, indépendant etc...


Ainsi, le problème majeur que rencontre tout journaliste désireux de classer la musique d'Ofra, lors d'une interview, devient un vrai casse-tête.


En désespoir de cause, il se rangera à la classer dans la catégorie "Musiques du Monde", et pour cause! Ofra défie toute classification. Bien sûr, il y a ses chansons pop en hébreu, et ses merveilleuses reprises de textes traditionnels qui ont fait sa reconnaissance mondiale, mais il y a tellement plus!


Ce chemin hors des sentiers battus, s'est très largement développé dans la dernière décade, grâce à sa renomée. Et c'est une chance que de pouvoir exceller dans tant de styles musicaux.


Avant tout, Ofra est une chanteuse qui participe largement aux écrits de ses textes. Ces textes sont souvent très pertinents, et c'est ce qui lui a valu l'attention de nombreux compositeurs, désireux de l'avoir à leur côté.



Ofra a depassé non seulement les frontières des pays, mais elle a surtout repoussé plusieurs fois les frontières de sa musique, toujours prête à s'engager dans de nouvelles directions (et souvenons-nous que c'est ainsi qu'est née sa carrière internationale, en sachant si bien allier tradition et modernité; sans jamais être tombée dans le piège de la banalisation, gardant ainsi toute l'âme des textes, qui conservèrent leur valeur laudative). C'est dans cet esprit là qu'Ofra a travaillé avec le compositeur Edward Shearmur sur la BOF de The Governess (1998), dont l'action se déroule au XIX, ayant même une petite note hispanique ("Adio, querida" et "The Veil", en fait, du LADINO, dialecte espagnol parlé par les juifs séphradiques). Un savant mélange de musique classique, sa voix sublîme, et de musique judaïque traditionnelle. Mais aussi des chants à la sonorité plus "médiévale" dans La Reine Margot avec "Elo Hi", et enfin, une incroyable interprétation de "Délivre-nous" du Prince d'Egypte, où, sans parler de son interprétation en 17 langues, sa voix transpire les émotions, et l'on ressent la peine, la douleur, l'espoir et la volonté... quand bien même cela est une animation. Sa voix fait la différence!


Diversité de sa lutte pour la paix: chanson pop, ballades et sa participation à l'album The Prayer Cycle (1999) où elle se joint au superbe pakistanais Ali Akbar Khan pour un héritage musical puissant du monde islamique et judaïque. Une continuité de sa représentation à Oslo en somme, et tant d'autres apparitions en Israël pour tel ou tel émission, tel ou tel show, tel ou tel campagne... Nous ne pouvons avoir tous les détails, pour le moment, compte tenu du manque d'informations (mais le temps est un allié, les informations finiront bien par arriver, même si cela est au compte goutte, on apprend toujours quelque chose de nouveau, au fur et à mesure)..



Ce que je sais avec certitude, en revanche, c'est qu'Ofra fait partie de cette catégorie d'artistes qui non seulement sait exprimer les sentiments, sait vous faire vibrer, mais surtout, et là cette catégorie s'amenuise, sait parler à votre âme, sait remuer vos entrailles, par le pouvoir et l'envoûtement de sa voix.

 

Quelques récompenses, parmi tant d'autres:

"Eurovision" 1983: seconde place

3 Grammy israëliens à l'aube des années 80

"Tokyo International Music Festival" 1989: première place

"New Music Award for the International Album of the Year" (New York) 1989

"Tigra Award" (Allemagne) de la meilleure chanteuse de l'année 1989 et de la chanson de l'année 1989

"World Music Award" (Monte Carlo) 1990

Montreux Jazz Festival: Ouverture (Suisse) 1990

Nominée du "Grammy Award: World Music" (USA) 1993 pour l'album Kirya

Perfomance pour le Nobel Peace Prize (Oslo, Norvège) Décembre 1994

Et de nombreux autres prix en Israël dans les années 80 et les années 90. Sans oublier les disques d'or et de platine aux USA et Allemagne principalement. "Shaday" (1988) et "Desert Wind" (1989) laissent un souvenir impérissable dans la mémoire du monde occidental, de par leur durée dans les charts et sa renomée.