Ofra Haza

La fin du conte...

Sortie 2007, le livre de Bezalel, en hébreu uniquement pour le moment, qui nous apprendra beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses que nous ne savions pas forcément sur Ofra

 

LE CALENDRIER JUDAIQUE

Pour que son âme puisse continuer à s'élever au plus près de D--u et se souvenir de son départ à la date anniversaire, ce n'est pas une action négative. Bien au contraire. Il est un grand signe de respect qu'allumer une bougie cette soirée là, et de se souvenir de tout le bonheur qu'Ofra nous a apporté, du bienfait qu'elle procure à notre âme, encore et toujours.

Si vous souhaitez être encore plus proche d'Ofra, vous pouvez également vous baser sur le calendrier judaïque, afin de vous fondre dans la tradition culturelle d'Ofra. Et comme Ofra était au delà des religions et des frontières, vous pouvez même célébrer son anniversaire et sur le calendrier grégorien, et sur le calendrier judaïque.



Le 23 Février 2000, le 18 Adar 5760, après le coucher du soleil, nous amène à ces dates:

Jeudi 11 Mars 2004 (18 Adar, 5764)

Dimanche 27 Février 2005 (18 Adar I, 5765)

Samedi 18 Mars 2006 (18 Adar, 5766)

Jeudi 08 Mars 2007 (18 Adar, 5767)

Dimanche 24 Février 2008 (18 Adar I, 5768)

Samedi 14 Mars 2009 (18 Adar, 5769)

Jeudi 04 Mars 2010 (18 Adar, 5770)

Jeudi 22 Février 2011 (18 Adar I, 5771)

Lundi 12 Mars 2012 (18 Adar, 5772)

Jeudi 28 Février 2013 (18 Adar, 5773)

Mardi 18 Février 2014 (18 Adar I, 5774)


Je me souviens encore de l'émoi. C'était le matin, je prenais mon café, avant de partir au travail. Comme souvent, j'écoute RRB (une de nos radios locales), et là, dans la rubrique faits divers, la nouvelle tombe. Nous sommes le 10 février 2000, Ofra est hospitalisée.

Dès lors, les doigts se croisent, je cumule les échanges d'émail avec mon amie qui travaille actuellement à Melbourne, en Australie. Elle aussi admire Ofra, elle aussi a entendu la nouvelle.

Hélas, après plusieurs jours d'espoir, la nouvelle tombe, encore plus brutale. Ofra nous quitte le 23 février à 19h40 à l'hôpital de Chiba. C'est un émoi en Israël et au delà. Car il y a eu beaucoup de choses dites, et il est dur de faire le tri (et ce n'est que plus tard, avec les mois qui passent, que les informations se recoupent et cela nous permet d'en savoir plus quant aux faits). Informations en provenance d'Israël et de proches. Merci au club yahoo, à Daniel mais aussi à Bezalel et aux personnes qui se sont procurés les différents rapports nécessaires au recoupement des informations afin de rester le plus fidèle à la réalité.


Pourtant, on savait depuis le tout début les causes exactes de son décès, mais comme rien n'était confirmé "officiellement", il aura fallu attendre pour en être certain.


Ainsi, le site: http://www.hans-zimmer.com/fr/mv/haza/index.php propose: "Ses 13 derniers jours en soins intensifs furent un drame national en Israël ; alors qu’elle avait pu marcher jusqu’au service de pneumologie, elle tomba rapidement dans un profond coma et chaque changement dans son état fut reporté dans l’heure par les télévisions implantées directement à l’hôpital de Tel-Hashomer. Pendant 13 jours, ses parents et ses 8 frères et sœurs se relayèrent devant les urgences de l’hôpital, et quand ils quittèrent les lieus dans cette sombre nuit du mercredi 23 février 2000, tout le monde comprit que la maladie l’avait emportée, à 42 ans à peine… Le Premier ministre Ehud Barak déclarera qu'elle incarnait la success story israélienne.

A sa demande et à celle de ses parents, la nature de son mal fut très longtemps cachée ; c’est finalement le lundi avant sa mort que Ran REZNICK, correspondant médical pris la parole et brisa le tabou. Ofra était victime du virus du SIDA. Une maladie « honteuse » qu’elle voulut cacher jusqu’au bout, menant seule son combat avec courage, alors que certains regrettèrent plus tard qu'elle n'ait su en parler afin d'aider une partie de la population qui en souffre également. Mais le poids d’une telle révélation en Israël était trop lourd à porter pour l’immense Star qu’elle était, le scandale risquait de l’affaiblir encore plus." Crédit: Nicolas, webmaster du site www.hans-zimmer.com.


Premier choc. Ofra, mourante, pesait moins de 30 kilos!. Pourquoi? Si Ofra a été admise le 02 février en soins intensifs, c'est parce qu'une des soeurs d'Ofra, inquiète de n'avoir que si peu de nouvelles, est allée la voir. Remontons un peu plus loin.

Ofra s'est mariée en juillet 1997 avec Doron Ashkenazi. Celui ci était présenté comme un homme d'affaire fortuné qui saurait prendre soin d'Ofra. Ofra hésitait, et ne le souhaitait pas vraiment. Mais après insistance d'amis d'Ofra qui vantaient le bon parti, et Ofra ne rajeunissant pas, elle se décida à s'unir avec Doron, pour apprendre à l'aimer, et fonder une famille heureuse. C'est le premier homme d'Ofra. Ofra a toujours vécu seule, concentrée sur sa carrière et sur sa famille, et son travail avec Bezalel. Mais le désir d'enfants, sans doute, l'a poussée.


Il n'aura pas fallu longtemps après le mariage pour que Doron commence à couper les ponts d'Ofra avec tout son entourage. Ses amis, sa famille et même jusqu'à son manager. Ofra, par respect, s'est moulée dans ce rôle de femme au foyer à la cuisine, alors que Doron était dehors. Il s'est vite avéré que Doron n'était pas un ange. Drogué, depuis de longues années, et accroc des prostitués. Deux habitudes qu'il a gardé, après le mariage (c'est incroyable comment certaines langues se dénouent avec le temps et les pressions diverses). Sans oublier un comportement violent avec son ex-femme (rapports de police).


Deux faits: Ofra était vierge avant son mariage avec Doron. Ofra n'était pas enceinte lors de son décès (ces deux questions reviennent souvent). Ce fut donc le choc d'apprendre qu'Ofra avait contracté le sida. Ce qui est certain, c'est qu'elle ne l'a su que trop tard, elle même. Et Doron, par peur du scandale "séquestrait" Ofra dans leur maison (qui peu à peu, se refusait elle-même à dévoiler sa condition). Seul un "docteur" venait à domicile, mais cela était loin d'être suffisant. Doron faisait tout pour vendre la maison d'Ofra, et continuait de dilapider le compte bancaire d'Ofra.


Ofra se mourrait à petits feux, et restait cloîtrée, de plus en plus malade. La soeur d'Ofra, Zehava, fatiguée d'attendre des nouvelles, s'est rendue sur place et a immédiatement appelé les secours. Mais c'était trop tard. Ofra n'ayant plus la capacité physique d'affronter les différents virus, ces derniers se sont emparés de la petite princesse jusqu'au point de non retour. Alors qu'Ofra était hospitalisée, des centaines de fans envahissaient l'entrée de l'hôpital, restaient nuits et jours et seul la famille d'Ofra était autorisée à pénétrer dans sa chambre, mais à des conditions strictes. Rien n'y fit, et peu de temps après, Ofra était dans le coma. Ses organes vitaux ont défaillis les uns après les autres et très vite Ofra n'était plus qu'un petit corps frêle sous assistance respiratoire. Les fans affluaient depuis l'étranger tant le choc était incroyable, et les rumeurs allaient bon train au sujet de son ex-mari, lequel se faisait très discret justement (et pour cause). Le jour de l'enterrement d'Ofra ressemblait à un jour de deuil national. Une grande marque de respect jusqu'au delà des frontières. Après les funérailles d'Ofra, qui furent un deuil dans tout le pays, réunissant artistes et politiciens et des milliers de fans, les choses s'éclairent peu à peu. Bezalel est envahi par les journalistes, mais ne peut que les diriger vers Doron puisque celui-ci a réduit dramatiquement les contacts entre Bezalel et Ofra. Ce dernier se refuse à tout commentaire.


Même si la rumeur annonçait qu'Ofra avait contracté le virus HIV, cette rumeur fut dénoncée par sa famille, par peur du choc que cela pouvait engendrer. Comment une femme d'une telle stature pouvait partir ainsi? Comment une femme issue d'un milieu si défavorable, et qui était arrivée au sommet comme jamais un artiste de son pays n'était arrivé, a pu se retrouver trahie par le premier venu? Et bien justement parce que Ofra, bien qu'artiste israélienne la plus populaire, a su rester simple et faire confiance en sa famille et ses amis les plus proches. Il va sans dire que la ou les personnes qui avaient vanté le bon parti doivent avoir la conscience bien éprouvée, d'avoir été autant trahie par cette personne qui annonçait le mari d'Ofra comme un gentleman. C'est une douleur qui ne peut être imaginée. Et dire qu'en 1994 le présentateur le plus populaire de la TV en Israël avait demandé la main d'Ofra, c'est là que reposait sa chance!


Le plus incroyable, c'est que même après le décès d'Ofra, son mari continuait de dilapider l'argent de son épouse, et avait tout vendu dans la maison qu'elle possédait, pour continuer son train de vie. Alors qu'à son départ, il y avait 35 millions de dollars sur le compte d'Ofra, quand Bezalel est allé consulter le compte d'Ofra suite à la disparition de Kadaya (la maman d'Ofra était malade et était sous un traitement lourd, elle s'en est allée quelques mois après sa fille), il vit que le compte était à zéro. S'en est suivi un petit détour par la maison d'Ofra (celle que son mari n'a jamais réussi à vendre finalement, car Ofra téléphonait à sa soeur en lui demandant de faire tout son possible pour dissuader les acheteurs), il ne restait même pas un tapis, même pas une lampe, juste les murs! Et en 2001, le mari d'Ofra mourait d'une overdose dans un lieu sordide. Qui sait combien de femmes il a contaminé dont on n'entend pas parler? Qui sait s'il n'avait pas déjà transmis le HIV à sa première femme (laquelle il frappait)? Et ses enfants de ce premier mariage? Tant de questions dont les réponses arriveront peut-être avec le temps, quand les langues se délieront.


Tout cela a fait d'Ofra Haza, de nos jours, non pas une légende, mais une femme exceptionnelle qui a subi le pire des destins. Quand certains meurent en pleine gloire, ils deviennent une légende. Ofra, à l'instar, n'est pas une légende car ceux qui l'aiment (et là je parle de ses admirateurs) ne la voient pas comme une légende, mais comme une femme qui est toujours restée accessible pour eux, en ce sens, ils ne sentent pas extérieur à son destin, mais au contraire, se sentent liés comme si un membre important de leur famille s'en était allé. C'est ça la magie d'Ofra, elle rentre dans votre vie, ne vous quitte plus, et même si comme moi vous ne l'avez jamais renontré "en vivo" vous savez qu'elle fait partie intégrante de votre vie à l'échelle familliale.


Ofra continue de se faire de nouveaux fans, même chez les adolescents qui découvrent au détour d'un rayon de CD ses disques et plongent dans ce monde, petit à petit, et dans le groupe yahoo, on s'en rend bien compte.

Alors qu'Ofra est partie, on sait qu'elle travaillait avec Bezalel sur un nouveau disque, mais ils n'avaient même pas choisi encore la maison de disque. On sait par ailleurs que par ce disque, Ofra comptait se faire une cure de jeunesse en France avec des surprises (chansons françaises?). A ce jour, Bezalel n'en a pas parlé, mais j'espère que tous deux ont eu le temps d'enregistrer quelques maquettes pour nous en faire la surprise, dans quelques années. Cela n'est pas impossible. Ce qui, finalement, confirme officieusement le fait qu'Ofra n'avait jamais pris seule la décision de se détacher de Bezalel pour faire un album sans lui.


Ce qu'il faut savoir:

La famille de Doron. Doron avait un garçon de huit ans et une fille de quinze ans. Lors d'une soirée supposée être familiale (la nuit de Seder), Doron n'était pas avec sa famille, il preferait rester seul, pour se reccueillir. Il meurt d'une overdose cette soirée là, le 7 avril 2001, lors d'une soirée "cristale" (rapport d'enquête de police).

L'enquête confirme que Doron était HIV et qu'il a contaminé Ofra. Là où la douleur est intense, c'est de savoir que si Ofra avait été emmenée à temps à l'hôpital, et soignée, pour ensuite prendre les traitements requis, elle serait très probablement toujours avec nous.

Doron était concentré sur la validité du testament d'Ofra, selon l'avocat de Doron. Procédure légale qui devait commencer quelques semaines plus tard.

Quelques semaines avant son décès, Ofra avait télephoné à Bezalel pour lui faire part de ses conditions, et de sa santé. "J'ai dit il y a un an déjà que cet homme (Ashkenazi) était responsable. Il s'est entouré d'une armée d'avocats. Sa mort ne fait qu'accentuer le fait que la mort d'Ofra était tragique et futile. Doron était le premier et le dernier homme dans sa vie, et c'est une tragédie", confie Bezalel.

Traduction libre, en français: le webmaster. Des portions de ce texte sont sous le copyright de Ha'aretz, de The Jerusalem Post, et de Yediot Aharonot, en complément des informations issues de tierce personnes.